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France

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Roger Cosme Estève

La fusion des contraires

Roger Cosme Estève, en peignant parvient à donner sens à trois idées en apparence antinomiques: le nomadisme, la culture catalane et l’amour des grands peintres.

(Sa)  peinture profondément enracinée dans une culture locale et catalane; rassemble également de nombreuses images amassées lors de ses passages ,ici et ailleurs. L’aventure humaine s’unit aux expériences faites de l’art, dont , notamment, la période Land Art. Il en résulte une œuvre « palimpseste » où chaque image agit comme une lettrine qui s’articule à l’autre, tissant un corpus profondément poétique.

Ses œuvres illustrent aussi les intermèdes de sa vie : son amour pour les « Pinturas Negras » de Francesco de Goya, ses voyages à Venise où la « griserie baroque  » le fascine, New York ou encore les longues promenades en solitaire… Roger Cosme Estève ne semble pas distancier la pratique picturale de son existence…

L’artiste part, pour ainsi dire à la rencontre d’un monde qu’il choie autant qu’il le défie, entretenant avec lui une relation fusionnée, se situant probablement à la charnière de la lumière et des ténèbres et de la raison et de la raison. El seny i la rauxa.

Charlotte Saliou, 2015 - Parcours des arts

Roger Cosme Estève surprend
C'est parce qu'il a changé de vie et de paysage que Roger Cosme Esteve s'est mis à peindre autrement autre chose. Installé dans le Tarn du côté de Gaillac, de la grisaille de l'hiver est venue l'inspiration. Les premières toiles marquent la radicalité du changement.

Sur un fond laiteux et pourtant saturé de lumière diffuse, l'alignement anarchique des troncs nus, verticaux. Celui qui usait de la matière des goudrons et du noir de l'encre nous étonne par cette irréelle clarté. Sa passion graphique est satisfaite par les fûts plantés entre ciel et terre confondus. Au fil des toiles qui se succèdent, il va retrouver le noir sans pour cela revenir à son univers précédent. Une peinture plus gestuelle commence à s'imposer, la palette s'assombrit jusqu'au passage au graphite. Est-ce le reflet qui lui a révélé le ciel et fait prendre de la distance, quitter le sein de la forêt pour porter le regard sur un arbre isolé? Chaque toile est alors un concentré de sensations et d'émotions. On y ressent la griffe du vent, le froid de l'hiver, la solitude du regard, l'équilibre du monde. Roger Cosme Esteve n'a rien renié, il a simplement eu ce culot qui permet de se surpasser. Il a pris le risque de déplaire, de ne pas être 'reconnu'. Les arbres et le paysage ont remplacé le bestiaire fabuleux, le graphisme végétal a supplanté les signes et les écritures. Mais la force, la profondeur et la beauté sont encore plus présentes. Chaque toile est une vision subjective et majestueuse, onirique et sensible d'une nature âpre et inquiétante.

J.M.Collet - L'independant 9/11/2012

El cant del cranc - Le chant du crabe

Quand le naufragé s'échoue sur le sable chaud du rivage, le premier à approcher, à venir jeter un œil, le plus prompt à flairer la bonne affaire, ce ne sont ni le vautour ni la mouette, comme on pourrait le croire, ni même la vorace colonie de fourmis rouges, mais, pinces dressées et avançant de travers, le crabe !

El cranc.

Le terrible cranc, menuisier des carcasses et nettoyeur de cadavres.

On se souvient, enfouis parmi les roseaux, de ces cigales aux ailes cendrées et de ces moustiques à la trompe gonflée de sang.

Nous reviennent à la mémoire ces arêtes de poissons décharnés, suspendus au croc, et ces tortues volant dans un ciel criblé d'étincelles.

Il nous revient encore cet étrange insecte d'or, ces noirs scarabées, ce cafard avançant dans la nuit en sécrétant sa nuée d'excréments étincelants... 

Puis il y a eu Oualidia, sa lagune, ses flamants roses et sa porte de l'enfer. Avant, il y avait eu Venise, Alma-Ata et Amsterdam. Après, il y aurait Gaillac, Paris et Perpignan.

La lumière, à un moment, est venue des arbres. Dans les sombres et humides futaies du Tarn, enveloppées d'une brume épaisse, il a été chercher, contre vents et pluies, le bosquet roussi par l'automne, la noire abstraction d'un nid posé entre deux branches ou la silhouette blanche des bouleaux émergeant comme des sentinelles dans le gris immuable du jour.

Au milieu de son pays, au milieu même de son être, coule une rivière... Une rivière illuminée par les libellules dont la source est l'enfance... Une enfance parmi les herbes et les bêtes... En osmose avec les étoiles et les bestioles de toutes sortes qui habitaient alors le monde...

Au bord de la rivière, comme il l'espérait, il a trouvé les cailloux. (…) L'écriture traverse la toile comme le train le paysage, comme l'éclair zèbre le ciel d'orage. Elle la cingle, la fait trembler, vibrer de tout son épiderme, et tout à coup à nos oreilles résonne la voix du dedans, la voix maudite de tous les peintres de tous les temps - Caravage et Goya, Van Gogh et Rothko - qui, alors qu'autour d'eux le monde s'effondre, s'échinent jour après jour, coûte que coûte, à rejoindre leur atelier et à peindre leur pauvre grande œuvre.

Tout à coup, surgissant de la calligraphie, déchirant le dessin, cassant la fragile figuration de l’ensemble, surgit le crabe!

 

Extrait de El cant del cranc (Le chant du crabe)Texte de  Didier Goupil - Voix Editions

Principales expositions

2017 – Exposition à la Galerie Convergences à Paris – dessins et peintures. Exposition "Le chant du Crabe" – dialogue avec l’écrivain Didier Goupil – Grande Médiathèque Cabanis et Librairie Ombres Blanches à Toulouse

 2016 – Exposition « ROCAS », Galerie Convergences (extension Galerie Nec), Le Marais, Paris. Exposition « El seny i la rauxa », grande rétrospective au centre d’art contemporain de Perpignan

2014 - 2013 Centre de sculpture romane, Cabestany, Lask Chateau Estève.  Musée des Beaux-arts de Gaillac, « La lumière, je l’ai trouvée dans les arbres » Galerie Thérèse Roussel Viallat Clement Massé Estève

2012 - 2010 Galerie Thérèse Roussel « des arbres » Perpignan. «Toréador » expo coll Nimes / Madrid /Paris
2009 - 2008 Galerie witteveen Amsterdam.  Acentmétreducentredumonde Perpignan. « Sang d’encre» la capelleta Céret

2006 - 2005 Galerie Thérèse Roussel Perpignan.  « Lotja del blat » Vic Espagne

2003 6 toros – 6 peintres musée d’art moderne Céret : Le Gac Albérola,Formica, Vila, Viallat, Esteve. Palais des congrès Tautavel/Musée de l’homme. Centre d’art contemporain Saint -Cyprien

 

2002 - 2001 Galerie Al manar à Casablanca. Galerie Thérèse Roussel Perpignan

2000 Rétrospective : Espace Maillol Palais des Congrès Perpignan . Galerie Kandler Toulouse 

​​​​​​1997 Centre étude Catalane la Sorbonne Paris .Galerie Thérèse Roussel Perpignan . Centre d’Art Contemporain Saint Cyprien.

1995 - 1994 Le sacré dans l’art contemporain Halle aux poissons Perpignan . Galerie witteveen Amsterdam

1993 Galerie Thérèse Roussel Perpignan. Studio Délise : Burri Baj Schifano Tapies Porto-Gruaro, Venise . The Kirghiz State Muséum Bischkek Kirghistan . Kazakh State Muséum Alma -Ata Kazakhstan .
Galerie zoo Musée Huelgas Burgos Espagne

1987 Palais des Congrés – galerie Thérèse Roussel Perpignan
La ruée vers l’Art galerie Sarradet-SNCF : Morellet Clarbous Esteve

1986 « Sol-Sol » Musée d’art Moderne Céret . Kubus Hanovre Allemagne . «Les Ruines de l’Esprit» Université Toulouse Mirail : Buraglio, Foulon Lestié, Mario Mertz, Esteve.

1984 - 1980 Fondation Joan Miro Barcelone . Galerie Thérèse Roussel Perpignan .  « Pells de la terra» CDACC Musée Puigt Perpignan .  Fondation Boris Vian Paris.

Ouvert du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h.