12 Rue Commerce

66400 CERET

France

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Julian Garcia

Repères biographiques et principales expositions

  • 1957  Naissance à Barcelone où il étudie à l'école des beaux Arts « San Jordi ». Il effectue ensuite un parcours artistique solitaire, il vit et travaille en Catalogne dans la Haute Garrotxe.
  • 1997  Il expose à la Holland Art Gallery à Eindhoven et à la Galerie Watermoler à Amsterdam en Hollande.
  • 1998  Exposition « Els quatre gossos » à la galerie Lleonart à Barcelone.
  • 2000  Galerie du Bac, Saint Aubin Neuchâtel, Suisse. Galerie Vielle Cava à Neufchâtel et Galerie Rebetez à Saint-Blair en Suisse.
  • 2001  Foc Gallery à Barcelone.
  • 2003  Galerie Odile Oms, Céret.
  • 2006  Galerie Odile Oms, Céret.
  • 2010  Galerie Odile Oms, Céret.

Les Papiers collés de Julian Garcia

Julian Garcia est un chineur de vieux papiers : turquoises délavés, jaunes passés, bleus célestes fanés et tapisseries désuètes seront déchirés ou découpés, puis collés à même le support trés librement pour évoquer le hasard des affiches lacérées chères à Raymond Hains et Jacques de la Villeglé.

L’effet de temps est crée tour à tour avec la matériologie même (vieux papiers) et par les références aux vieux maîtres de l’art (Velasquez, El Greco, Derain, Dufy, Picasso, Clavé, Rouault) emblèmes pérennes historiques devenus icônes, rongés transformés physiquement par la matière, « ce subconscient de la forme » (Bachelard).

Cet éloignement temporel est doublé de la distance créative que julían García prend avec son modèle, poster du souvenir, patiné lui aussi par la mémoire, rendu à la faiblesse d’une simple suggestion. Quelques fois le pinceau vient dessus, ce trait est une déchirure comme le passant iconoclaste anonyme lacère l’affiche. C’est entre cette double distanciation, dans son épaisseur même que se glisse la singularité poétique de ses collages.

Le peintre lui-même semble insaisissable, il est projeté lui aussi très loin dans le passé. Deviendrait-il « l’œuvre esthétique d’un inconscient collectif » ? qu’appelle de ses vœux Jacques de la Villeglé. Le travail de Julian Garcia nous dit que l’art est éternel dans son essence mais périssable dans son image-objet.

Galerie Odile Oms - 2003

Le point de vue de la galerie

Ses œuvres ont la patine des murs de son vieux mas catalan; sa vision alternative de marginal tenace, soixante-huitard non repenti, trouve aujourd’hui son actualité parmi les jeunes artistes américains comme Cory Arcangel, Michel de Broin ou Stan Douglas.
Ces photographes ou vidéastes pratiquent un art de l’allusion qui malgré tout leur sens critique des codes et conventions formelles des images télévisuelles ou du cinéma hollywoodien, ne parviennent pas, de par leur adhésion trop complaisante aux nouvelles technologies à la distance critique de ses « vieux papiers ».

Nous vivons aujourd’hui dans une société de l’image, images lisses et glacées abondamment diffusées par de nombreux médias; Julian Garcia après avoir pris pour référence les grandes œuvres des maîtres du passé s’est naturellement intéressé à ces images et particulièrement à celles du cinéma.

Poursuivant son travail de mise en perspective il nous offre les portraits de Charlot, Marlon Brando, Amélie Poulain; des scènes de films aussi : Psychose, Full métal Jacket, mis en abîme, comme projetés dans un futur lointain. Images délitées de notre mémoire collective

galerie Odile Oms - 2006

L’art de la (dé)composition

Vieux papier jauni et papier peint fané, tissu passé et dentelle diaphane, la palette de Julian Garcia est digne d’un chineur des Batignolles, d’un chiffonnier des puces. Car il faut bien parler de palette avec cet artiste qui fait de ses extraordinaires collages de véritables peintures. Avec ce matériau marqué par le temps, chargé de petites histoires oubliées, de traces d’usage et d’usure, le peintre travaille à petites touches, avec de petits morceaux déchirés souvent, découpés aussi, qu’il colle, de manière presque nonchalante pourrait-on croire. On pourrait aussi imaginer qu’il saupoudre son support de bois avec une poignée de petits morceaux qui au gré de la pesanteur et des courants d’air s’assemblent. Mais en art comme en toute chose, il n’y a pas de miracle, Julian Garcia est un redoutable compositeur, posant un étonnant regard sur son sujet, réussissant avec d’improbables assemblages et quelques touches de couleurs au pinceau à faire renaître une image issue de notre panthéon collectif.Icône et hommage
Julian garcia aime le cinéma et les grands maîtres de la peinture (Velasquez, El Greco, Picasso, Clavé), alors il s’empare des personnages du 7eme art et des chefs d’œuvres des peintres, nous proposant son interprétation respectueuse et virtuose en forme de suggestion. Les figures ou les paysages sont comme des apparitions, des résurgences sans contour. C’est notre mémoire qui parachève le sujet et nous permet de l’identifier: Charlot, Amélie poulain, Tintin, Bogart, ou Marlon Brando. Juilan Garcia fait revivre ces icônes à l’aide de matériaux presque en décomposition, il fait du neuf que le temps rongera avec du vieux. Sans ostentation, avec peu d’effet, cet artiste confronte le délitement de toutes choses et l’immortalité de certaines images.

Jean-Michel Collet

Jean-Michel Collet - L’indépendant 24/02/06

Ouvert du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h.